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Passeport vers la CitationMéthode GEO

Méthode, phase 1 sur 4

Phase 1, cartographier votre territoire

Savoir ce que les intelligences artificielles disent de vous aujourd’hui, avec quels mots, à côté de quels concurrents, et sur quelles sources elles s’appuient pour le dire.

Cartographier votre territoire consiste à inventorier toutes les mentions de votre marque sur le web, à construire un territoire de 20 à 50 questions que vos clients posent réellement aux assistants, puis à soumettre ces questions à ChatGPT, Perplexity, Gemini et Claude en navigation privée. À l’issue de cette phase, vous connaissez votre taux de citation de départ et le diagnostic exact de votre réseau de citations.

Toute stratégie sérieuse commence par un état des lieux. Avant de chercher à être cité, vous devez savoir ce que les intelligences artificielles disent de vous aujourd’hui, avec quels mots, à côté de quels concurrents, et sur quelles sources elles s’appuient pour le dire.

L’audit GEO diffère fondamentalement d’un audit SEO. On ne cherche pas des balises title manquantes ou des temps de chargement. On inventorie les points visibles qui composent votre entité sur le web, et on mesure comment les machines les interprètent.

Être cité par ChatGPT et Google commence ici : la cartographie des requêtes. Vidéo publiée sur la chaîne YouTube de Stéphane Delgado. La lecture ne démarre qu’après votre clic, aucune connexion à YouTube n’est établie avant.
Une table de cartographe éclairée par une lampe, où des points dorés reliés par des fils forment le tracé d’un territoire.
Cartographier, c’est relever un territoire avant d’y agir : inventorier ce qui existe, en mesurer la densité, repérer les zones vides.

Inventorier vos mentions web

La première étape consiste à recenser toutes les mentions de votre marque, de vos dirigeants et de vos produits phares. Il faut sortir de votre propre site, votre entité centrale, pour explorer le web dans son ensemble.

Commencez par le nom exact de votre marque entre guillemets sur Google, et notez les dix premières pages de résultats. Recommencez avec le nom de vos dirigeants, puis avec vos produits ou services principaux. Ouvrez chaque page et relevez comment votre marque y est décrite.

Élargissez ensuite aux variantes : forme abrégée, ancien nom si vous avez changé de dénomination, fautes de frappe courantes. Cherchez également votre numéro de téléphone et votre adresse, car ces informations apparaissent souvent dans des annuaires sans que le nom de la marque soit mentionné.

Les quatre attributs à relever pour chaque mention

  1. La source. Média d’autorité reconnu, blog sans audience, annuaire obsolète ? Le rang de la source détermine son poids.
  2. La date. Quelle est la fraîcheur de l’information ? Les modèles privilégient nettement les données récentes.
  3. La formulation exacte. Avec quels mots votre entreprise est-elle décrite ? Ces termes correspondent-ils à votre positionnement actuel ?
  4. L’autorité. Cette source est-elle perçue comme fiable ? Une mention dans une base de données structurée pèse davantage qu’un commentaire de forum.

Les sept familles de sources à couvrir

Périmètre d’un inventaire complet
Famille de sourcesExemplesPoids pour les IA
Médias et pressePresse nationale, régionale, spécialisée, interviews, tribunesTrès fort
Bases structuréesWikidata, DBpedia, Knowledge Graph de GoogleTrès fort
Annuaires professionnelsPages Jaunes, Kompass, Société.com, Infogreffe, annuaires sectorielsFort sur les faits
Plateformes d’avisGoogle Business Profile, Trustpilot, Avis VérifiésFort
Réseaux professionnelsLinkedIn page et profils dirigeants, X, YouTubeMoyen à fort
Podcasts et vidéosInterviews audio et vidéo, de plus en plus transcrites et indexéesMoyen, en hausse
Forums et communautésReddit, forums sectoriels, groupes LinkedInFaible individuellement

Construire votre territoire de requêtes

En SEO classique, on construit une liste de mots-clés. En GEO, on construit un territoire de requêtes : une sélection de 20 à 50 questions complètes, formulées comme un humain les pose à un assistant.

Ces questions doivent couvrir quatre intentions distinctes.

  • Les requêtes de notoriété testent si les modèles savent qui vous êtes. « Qu’est-ce que l’entreprise X ? », « Qui dirige X ? », « Depuis quand X existe-t-il ? »
  • Les requêtes de recommandation testent s’ils vous proposent à un prospect en recherche. « Quel est le meilleur expert en Y en France ? », « Qui contacter pour un problème de Z ? »
  • Les requêtes de comparaison testent s’ils vous incluent face à vos concurrents. « Quelle différence entre X et A ? », « X ou B, lequel choisir ? »
  • Les requêtes locales testent votre visibilité géolocalisée. « Quel expert Y recommandez-vous à Bordeaux ? »

Pour collecter ces questions, ne vous fiez pas à votre intuition. Reprenez les questions réelles que vos clients posent à vos commerciaux lors des premiers entretiens. Analysez les forums de votre secteur. Et surtout, demandez directement aux assistants quelles sont les questions les plus fréquentes sur votre domaine : ils sont d’excellents outils pour cartographier leur propre territoire.

Le panier type de 50 requêtes, prêt à adapter à votre secteur

Le protocole d’interrogation des assistants

Une fois le territoire défini, il faut le soumettre aux machines. Ce protocole doit être mené avec une rigueur absolue pour produire des données comparables d’un mois à l’autre.

Pour chaque réponse générée, remplissez une grille de relevé à cinq colonnes.

  1. Votre marque est-elle citée, oui ou non ?
  2. Si oui, à quelle position dans la liste des recommandations ?
  3. Quelle description le modèle fait-il de vous, et correspond-elle à votre positionnement actuel ?
  4. Quelles sources sont affichées en note de bas de réponse ?
  5. Quels concurrents sont cités, et avec quelle description ?

La cinquième question est la plus précieuse. Analyser la façon dont les modèles décrivent vos concurrents vous indique précisément quels signaux ils ont captés chez eux, donc quels signaux vous devez produire à votre tour.

Comment interpréter chaque assistant

Ce que mesure réellement chaque assistant
AssistantCe qu’il reflète surtoutÀ quoi il sert dans votre relevé
PerplexityLa recherche augmentée en temps réel, avec sources systématiquesLe plus fiable pour évaluer votre visibilité dans le RAG
ChatGPT sans accès webLes poids du modèle, donc votre présence dans les données d’entraînementMesure votre ancrage de fond, peu sensible au récent
GeminiUne combinaison de mémoire du modèle et de recherche GoogleVotre visibilité dans l’écosystème Google
ClaudeLes poids du modèle, avec une sensibilité forte à la fiabilité des sourcesRévèle la qualité perçue de vos points de validation

Poser le diagnostic

À l’issue de la cartographie, votre situation correspond à l’un de ces quatre diagnostics. Le reconnaître détermine tout l’ordre de vos actions.

Le réseau mort

De nombreuses mentions existent, mais elles sont anciennes, dispersées et non structurées. L’IA voit des points, elle ne relie rien.

Priorité : rafraîchir et restructurer les mentions existantes avant d’en créer de nouvelles.

Le réseau brouillé

Les informations se contredisent d’une source à l’autre : ancien nom, ancienne adresse, chiffres divergents. L’IA détecte l’incohérence et s’abstient.

Priorité : l’alignement, phase 2. C’est le diagnostic le plus fréquent chez les entreprises établies.

Le réseau embryonnaire

L’entité centrale existe (un site propre, cohérent) mais presque aucune source tierce ne la confirme. L’IA ne peut pas valider ce qu’elle lit.

Priorité : la densification, phase 3. C’est le diagnostic des jeunes entreprises.

Le réseau en développement

Le centre est net, les points de validation se multiplient, les liens se dessinent. L’IA commence à vous citer, d’abord sur les requêtes de notoriété.

Priorité : mesurer, phase 4, pour identifier les requêtes encore résistantes.

La grille de scoring de la cartographie

Pour objectiver le diagnostic et le rendre comparable dans le temps, notez cinq critères de 0 à 3. Le total, sur 15, devient votre point zéro.

Grille de scoring, 5 critères notés de 0 à 3
CritèreScore 0Score 1Score 2Score 3
Taux de citation sur le territoire0 %1 à 25 %26 à 60 %Plus de 60 %
Cohérence des informations d’entitéTrès incohérentePartiellement cohérenteMajoritairement cohérenteParfaitement cohérente
Points de validation de qualité0 à 23 à 1011 à 30Plus de 30
Fraîcheur des mentions (moins de 12 mois)Moins de 10 %10 à 30 %31 à 60 %Plus de 60 %
Présence dans les bases structuréesAbsentePartiellePrésenteComplète et vérifiée
  • 0 à 5 points : réseau mort ou embryonnaire. Tout est à construire, mais rien n’est perdu.
  • 6 à 10 points : réseau en développement avec des lacunes importantes.
  • 11 à 13 points : réseau solide mais perfectible, souvent sur la fraîcheur.
  • 14 et 15 points : réseau mature. L’enjeu devient la part de voix face aux concurrents.

L’audit concurrentiel

Cartographier votre propre réseau n’est que la moitié du travail. L’autre moitié consiste à analyser les réseaux de ceux qui sont cités à votre place. Pour chaque concurrent qui apparaît dans les réponses, menez une analyse en cinq points.

  1. Leur définition d’entité. Avec quels termes les modèles les décrivent-ils ? Cette description révèle les signaux captés.
  2. Leurs sources de citation. Sur quoi les modèles s’appuient-ils pour les recommander ? Presse, études, avis, annuaires ?
  3. Leur présence personnelle. Leurs dirigeants publient-ils, interviennent-ils, sont-ils interviewés ?
  4. Leur contenu original. Publient-ils des baromètres, des études, des données propriétaires ?
  5. Leur cohérence d’entité. Leurs informations sont-elles identiques d’une source à l’autre ? Une cohérence parfaite trahit presque toujours une stratégie consciente.

Les quatre pièges qui faussent une cartographie

  • Le biais de personnalisation. Tester en étant connecté à son compte habituel. Le modèle adapte sa réponse à votre historique et vous donne une image flatteuse mais fausse.
  • Le biais de formulation. Une seule formulation par requête. La façon de poser la question change la réponse : testez deux ou trois variantes des requêtes stratégiques.
  • Le biais de temporalité. Tout tester le même jour. Les réponses varient selon les mises à jour de modèle : étalez vos relevés sur plusieurs jours.
  • Le biais de sélection. Ne tester que les requêtes où l’on se pense bien placé. Ce sont les requêtes difficiles qui contiennent l’information utile.

Les outils, sans budget

La cartographie se mène avec des outils gratuits ou déjà présents dans votre entreprise. Aucun logiciel spécialisé n’est indispensable pour démarrer.

  • Google Search Console : repérez les requêtes qui génèrent beaucoup d’impressions et peu de clics, signature typique d’un AI Overview qui capte la réponse.
  • Google Analytics 4 : suivez l’évolution du trafic organique par type de requête. Une baisse sur l’informationnel est un signal d’alerte.
  • Google Alerts : surveillez les nouvelles mentions de votre marque et de vos concurrents.
  • Semrush ou Ahrefs, en version d’essai : identifiez les sources qui citent vos concurrents.
  • Les assistants eux-mêmes : ce sont vos meilleurs instruments de mesure, puisqu’ils vous donnent un accès direct à leur perception de votre marque.

À quelle fréquence recommencer

Rythme de cartographie recommandé
FréquencePérimètreObjectif
Une fois par an, en début d’annéeCartographie complète, 20 à 50 requêtes, 4 assistantsDéfinir les priorités de l’année
Chaque trimestreMini-cartographie sur les requêtes les plus stratégiquesAjuster la trajectoire en cours d’année
Chaque moisProtocole de mesure de l’indice de confiance, 10 à 20 requêtesSuivre les quatre indicateurs
Phase 2 Aligner votre entité sur tout le web